PRÉVENIR L'HALLUX RIGIDUS
Chirurgie du Pied à Lyon
Dr Giovanni MANZI

Peut-on éviter la chirurgie et ralentir la progression ?
L’hallux rigidus est une affection fréquente, particulièrement chez les hommes, et se situe juste après l’hallux valgus (ou « oignon ») chez les femmes. Elle peut toucher tout le monde, mais chez les femmes, les symptômes apparaissent parfois dès 40 ans, voire plus tôt.
Comment repérer un hallux rigidus ?
Étonnamment, ce n’est pas toujours le gros orteil qui devient douloureux en premier. Certains signes peuvent se manifester :
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Les orteils voisins qui commencent à se recroqueviller, formant ce qu’on appelle des « orteils en griffe » ;
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La présence de cors douloureux sous la plante du pied, correspondant à une métatarsalgie.
Beaucoup pensent que traiter uniquement l’orteil touché résoudra le problème, mais il est fréquent que la douleur provienne d’un gros orteil dont la mobilité diminue progressivement.
Lorsque le gros orteil perd plus de 70° de mouvement, le pied compense avec les autres orteils, ce qui peut provoquer douleurs et déformations supplémentaires.
Comment établir un diagnostic ?
Le problème est souvent lié à un premier métatarsien légèrement surélevé par rapport aux autres. Pour évaluer correctement la situation, des radiographies en charge (debout) sont nécessaires pour observer la manière dont le pied supporte le poids du corps.
La chirurgie peut-elle prévenir l’évolution ?
Dans certains cas, une intervention précoce peut limiter l’aggravation. Si le désalignement osseux est identifié tôt, un geste chirurgical ciblé peut repositionner le métatarsien avant que le gros orteil ne devienne complètement rigide.
Lorsque le gros orteil est douloureux, cela peut être causé par une bosse qui frotte sur la chaussure, entraînant inflammation et inconfort. Une intervention appelée chéilectomie permet de retirer cette excroissance, souvent combinée avec une ostéotomie oblique pour corriger la position de l’os et optimiser les résultats.
Une chirurgie mini-invasive
Aujourd’hui, ces opérations peuvent être réalisées de façon mini-invasive, c’est-à-dire avec de très petites incisions pour préserver les tissus. L’objectif est de réduire légèrement la hauteur de l’os afin de restaurer la mobilité naturelle du gros orteil.
Après l’opération
Selon le chirurgien, la marche peut être autorisée immédiatement ou après 3 à 6 semaines. Une chaussure spéciale est portée durant cette période. Ensuite, il est possible de revenir à des chaussures confortables classiques.
La balnéothérapie, comme la marche dans l’eau en piscine ou en mer, peut favoriser la récupération une fois la cicatrisation complète.
Faut-il systématiquement opérer ?
Pas nécessairement. Certaines personnes vivent très bien avec un hallux rigidus sans intervention, même en restant actives. Dans ce cas, un choix adapté de chaussures et un suivi régulier avec un spécialiste suffisent.
Le rôle du type de pied
L’hallux rigidus est plus fréquent chez les pieds plats. Un pied trop souple reste « aplati » lors de la poussée en marchant, ce qui sollicite fortement le gros orteil et entraîne progressivement sa rigidité.
Le port de semelles orthopédiques ou de chaussures appropriées peut grandement soulager et ralentir la progression de la pathologie.
Qui consulter ?
Il est essentiel de s’adresser à un médecin spécialiste de l’orthopédie du pied. Une fois le diagnostic posé, ce professionnel peut collaborer avec des podologues ou orthésistes pour proposer le traitement le plus adapté, qu’il soit chirurgical ou conservateur.

