
Luxation des tendons fibulaires
Définition de la luxation des tendons fibulaires
Les tendons fibulaires (ou péroniers) sont deux structures tendineuses situées sur le côté externe de la jambe et de la cheville. Ils passent derrière la malléole latérale, au sein d’une gouttière appelée sillon rétro-malléolaire, formée d’un canal osseux en avant et du rétinaculum en arrière. Après ce passage, les tendons se séparent :
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le court fibulaire s’insère sur la base du 5ᵉ métatarsien ;
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le long fibulaire rejoint la base du 1ᵉʳ métatarsien.
La luxation survient lorsque ces tendons sortent totalement (luxation) ou partiellement (subluxation) de leur sillon, au niveau du rétinaculum. Comme ces tendons participent activement au maintien dynamique de la cheville (éversion, flexion, sauts, course, proprioception…), leur déplacement entraîne des troubles fonctionnels.
La classification d’Eckert et Davis (1996) distingue trois niveaux de gravité :
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Stade I – sous-périosté : le rétinaculum se décroche de la malléole mais reste attaché au périoste.
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Stade II – sous-cutané : déchirure ou arrachement complet du rétinaculum et du fibrocartilage.
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Stade III : avulsion osseuse associée, visible sur la radiographie.
Causes et facteurs de risque
La position anatomique des tendons fibulaires, qui servent de poulie et de stabilisateur latéral, les expose à des forces importantes.
La cause la plus fréquente est un traumatisme sportif violent, généralement lors d’un mouvement combinant flexion dorsale, éversion du pied et contraction brusque des fibulaires. Cette force excessive déchire alors le rétinaculum. Ces situations surviennent plus souvent dans des sports comme le ski, le football, la course, l’équitation ou encore l’escalade.
Dans des cas plus rares, une luxation peut apparaître après des micro-traumatismes répétés ou des gestes moins intenses, surtout si les structures anatomiques sont déjà fragilisées.
Plusieurs éléments peuvent favoriser la survenue du problème :
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Mauvaises techniques sportives ou matériel inadapté ;
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Manque d’entraînement ;
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Antécédents de tendinopathies des fibulaires ;
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Variations anatomiques comme un péronéus quartus (présent chez 15 à 20 % des individus), un tendon court fibulaire de forme atypique, ou une gouttière trochléaire trop convexe ou hypertrophique.
Symptômes de la luxation des tendons fibulaires
La présentation clinique dépend du délai d’évolution et du stade lésionnel.
En phase aiguë, la luxation se traduit par une douleur soudaine derrière la malléole externe, conséquence directe de la déchirure du rétinaculum. Elle s’accompagne souvent d’un œdème ou d’un hématome. Lorsque la lésion est importante, la douleur peut se diffuser à toute la cheville, rendant l’évaluation initiale plus difficile.
En phase chronique, les patients décrivent fréquemment une impression d’instabilité latérale associée à une douleur persistante en arrière de la malléole.
Un ressaut, un glissement ou une sensation de déplacement des tendons lors de l’éversion ou de la flexion dorsale peut être ressenti, et dans certains cas la luxation devient même visible sous la peau.





