
Syndrome du pied tombant ou steppage
Qu’est-ce que le pied tombant ?
Le pied tombant correspond à l’impossibilité de relever correctement l’avant-pied lors de la marche. Cette limitation est due à une faiblesse anormale des muscles chargés d’assurer la flexion dorsale de la cheville.
Ce trouble reste peu fréquent et peut toucher un seul pied ou les deux. Lorsqu’il apparaît, la personne ne parvient plus à soulever son pied de manière adéquate, ce qui l’oblige à modifier sa manière de marcher : elle doit lever exagérément la jambe ou dessiner un mouvement circulaire afin d’éviter que le pied ne frotte au sol et qu’elle ne trébuche.
Cela entraîne une démarche souvent fatigante, peu esthétique et parfois bruyante. Par crainte des chutes, de nombreux patients réduisent progressivement leurs déplacements, ce qui peut favoriser la sédentarisation et, dans certains cas, une perte d’autonomie.
Les principaux muscles impliqués sont le tibial antérieur et le long extenseur des orteils.
Contrairement à une idée reçue, le pied tombant n’est pas une maladie neurologique en soi : il s’agit du symptôme d’un trouble neurologique sous-jacent, comme le montrent ses causes.
Origines et facteurs favorisant le pied tombant
La cause la plus courante est la compression du nerf péronier (ou nerf fibulaire), un nerf du mollet chargé d’innerver les muscles responsables de la flexion dorsale. Pour des raisons variables, ce nerf peut être comprimé par un muscle ou une structure environnante, le plus souvent à hauteur du genou. Cette pression altère sa fonction et réduit la mobilité de l’avant-pied.
Certains facteurs augmentent le risque de compression :
Perte de poids rapide et importante
Une diminution brutale de la masse grasse peut réduire le tissu protecteur entourant les muscles. Le nerf, moins amorti, devient alors plus vulnérable à la compression.
Position assise prolongée avec les jambes croisées
Cette posture exerce une pression directe sur la zone externe du genou, là où passe le nerf péronier.
Accroupissement ou position à genoux prolongés
Ces positions répétées ou maintenues longtemps peuvent également comprimer le nerf.
Alitement long
Les personnes immobilisées sur de longues périodes, notamment lors de maladies sévères, sont plus exposées à des compressions nerveuses liées au maintien d’une même position.
Pression liée à un plâtre ou à une orthèse
Un dispositif trop serré peut comprimer le nerf péronier et entraîner un pied tombant.
Troubles métaboliques
Le diabète, en particulier, peut altérer le fonctionnement des nerfs et favoriser leur vulnérabilité.
Traumatismes musculo-squelettiques
Certaines tensions musculaires, une hernie discale ou un choc direct sur le nerf peuvent provoquer son blocage.
Séquelles d’évènements neurologiques
Un AVC ou un traumatisme crânien peuvent entraîner une faiblesse ou une paralysie des muscles releveurs du pied.
Symptômes du pied tombant
Le signe principal est une diminution notable de la force des muscles permettant de relever le pied, rendant difficile le déroulement normal de la marche. Les patients ont du mal à marcher longtemps, se fatiguent rapidement et peuvent présenter une démarche caractéristique en « steppage ».
Ce déficit augmente également le risque de chute, souvent source d’appréhension et de limitation des déplacements.





