HALLUX VALGUS ET RIGIDUS
Chirurgie du Pied à Lyon
Dr Giovanni MANZI

L’hallux valgus et l’hallux rigidus sont deux pathologies qui concernent le gros orteil, appelé « hallux » en anatomie, mais elles se distinguent par leur origine, leurs manifestations cliniques et leur prise en charge.
L’hallux valgus correspond à une déformation progressive du gros orteil qui s’oriente vers l’extérieur du pied.
Cette déviation s’accompagne souvent d’une excroissance osseuse douloureuse au niveau de l’articulation, communément appelée « oignon ». Son apparition est favorisée par des facteurs génétiques, le port de chaussures inadaptées, trop serrées, ou encore par certaines particularités morphologiques du pied. Cette affection peut provoquer des douleurs, gêner le chaussage et altérer la qualité de la marche. Elle touche majoritairement les femmes : sur 100 cas d’hallux valgus, environ 95 concernent des femmes contre seulement 5 des hommes.
L’hallux rigidus, en revanche, est lié à une usure arthrosique de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil. Il n’entraîne pas de déviation visible, mais se caractérise par une diminution progressive de la mobilité associée à des douleurs, notamment lors de la flexion dorsale. Cette raideur rend la marche difficile, en particulier lors de la montée d’escaliers ou de pentes. À la différence de l’hallux valgus, cette pathologie touche plus fréquemment les hommes.
Prise en charge de l’hallux valgus :
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Ostéotomies : ces interventions chirurgicales consistent à pratiquer des sections de l’os afin de corriger l’axe du premier métatarsien et de la phalange. La technique utilisée dépend du degré de la déformation (comme les méthodes Chevron, Scarf, Akin ou encore MICA).
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Arthrodèse : lorsque la déformation est très importante ou qu’elle s’accompagne d’une arthrose, la fusion de l’articulation peut être envisagée afin de stabiliser le pied et soulager la douleur.
Traitements de l’hallux rigidus :
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Chéilectomie : cette technique vise à retirer les formations osseuses excessives autour de l’articulation, appelées ostéophytes, afin de réduire la douleur et d’améliorer la mobilité. Elle est principalement indiquée aux stades précoces de l’arthrose.
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Ostéotomies : certaines procédures permettent de réorienter les surfaces articulaires, diminuant ainsi les contraintes exercées sur les zones les plus altérées.
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Arthrodèse : dans les formes avancées d’arthrose, la solution consiste à bloquer définitivement l’articulation. Cette intervention fait disparaître la douleur, mais entraîne une perte totale de mobilité du gros orteil.
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Prothèse de l’hallux : plus rarement, l’articulation peut être remplacée par un implant afin de préserver une certaine amplitude de mouvement, bien que cette alternative soit moins couramment utilisée que l’arthrodèse.
