ARTHROSE DE CHEVILLE et INFILTRATIONS
Chirurgie du Pied à Lyon
Dr Giovanni MANZI

L’arthrose de la cheville correspond à une dégradation progressive de l’articulation. Elle apparaît souvent après des fractures, des traumatismes répétés (comme des entorses fréquentes ou une instabilité), mais aussi dans le cadre de maladies inflammatoires (par exemple la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus) ou de troubles liés à des dépôts (comme l’hémochromatose ou l’hémophilie).
Cette pathologie s’accompagne fréquemment de déformations et d’une perte de mobilité, ce qui peut provoquer une boiterie, même lors de déplacements courts.
Parmi les options thérapeutiques utilisées, les infiltrations occupent une place importante, notamment celles à base d’acide hyaluronique, qui se sont largement développées ces dernières années.
Cependant, il est important de préciser que ces injections ne permettent pas de guérir l’arthrose de la cheville. Bien indiquées et avec le produit adapté, elles peuvent en revanche contribuer à soulager les symptômes et améliorer le confort du patient.
Dans ce texte, nous allons détailler le principe des infiltrations, leur fonctionnement et leur rôle dans la diminution de la douleur ainsi que dans la préservation de la mobilité articulaire.
Définition des infiltrations de la cheville
Une infiltration consiste à injecter directement dans l’articulation un produit actif. Celui-ci peut avoir plusieurs effets : diminuer l’inflammation, agir comme anti-inflammatoire, améliorer la lubrification de l’articulation (comme avec l’acide hyaluronique) ou encore favoriser la réparation des tissus dans le cadre de la médecine régénérative.
En cas d’intervention chirurgicale prévue, il est recommandé d’attendre au moins trois mois après une infiltration afin de limiter le risque infectieux.
Les différents types d’infiltrations
1. Corticoïdes (avec ou sans anesthésique)
Ce sont les traitements les plus anciens utilisés en infiltration articulaire. Ils possèdent une action anti-inflammatoire puissante et peuvent être associés à un anesthésique pour soulager rapidement la douleur.
Néanmoins, leur utilisation prolongée est déconseillée, sauf chez des patients ne pouvant pas être opérés et présentant une arthrose avancée. À long terme, ils peuvent même aggraver les lésions de l’articulation.
2. Acide hyaluronique
Ce produit vise à améliorer la lubrification d’une articulation abîmée. Très utilisé pour le genou, il peut aussi être proposé pour la cheville dans certains cas.
Les formes à haut poids moléculaire sont surtout indiquées chez des patients dont l’articulation reste relativement mobile, avec des déformations modérées, souvent liées à des traumatismes répétés ou à une instabilité. En revanche, son efficacité est limitée lorsque la cheville est très déformée ou raide.
3. Médecine régénérative
Ces techniques se sont développées récemment grâce aux avancées technologiques.
Le PRP (plasma riche en plaquettes), obtenu à partir du sang du patient, est la solution la plus simple. Il agit principalement comme anti-inflammatoire, sans les effets secondaires des corticoïdes.
D’autres approches utilisent des cellules souches mésenchymateuses issues de la moelle osseuse, du tissu graisseux ou du sang. Ces traitements ont à la fois un effet anti-inflammatoire et un potentiel de régénération des tissus.
Toutefois, ces méthodes sont réservées à des cas bien spécifiques : elles sont surtout efficaces chez des patients dont l’articulation conserve encore une bonne mobilité et ne présente pas de déformations importantes.
Conclusion
Les infiltrations de la cheville ont des indications assez limitées. Même si les progrès récents en médecine régénérative ouvrent des perspectives intéressantes, ces traitements ne conviennent pas à tous les patients.
L’utilisation de l’acide hyaluronique n’est qu’une option parmi d’autres, et globalement, le traitement de l’arthrose de la cheville par infiltration reste complexe. Les meilleurs résultats sont obtenus uniquement dans des situations bien choisies, avec une indication précise et un traitement adapté.
